L’économie est-elle (volontairement) cyclique?
Les années passant, on peut commencer à prendre du recul par rapport à la crise financière. Les éléments ayant déclenché cette crise se sont progressivement clarifiés et on peut aujourd’hui s’interroger sur leur présence / absence au sein du système économique actuel. Les politiques monétaires et de taux de change, ayant joué un rôle primordial dans le déclenchement de la crise, sont analysées ci-dessous.
Ainsi, aux Etats-Unis, les taux d’intérêt très faibles ont facilité l’octroi de crédits. L’afflux de crédits a déséquilibré la balance commerciale américaine en gonflant de manière artificielle la consommation intérieure et par conséquent, les importations américaines. Ce haut niveau des importations américaines a eu des répercussions internationales en gonflant les excèdent commerciaux des pays exportateurs vis-à-vis des Etats-Unis (en particulier ceux de la Chine). Le surplus de liquidité lié à ces exportations a été investi dans des actifs libellés en dollars, ce qui a exercé une pression supplémentaire à la baisse sur les taux d’intérêt américains. Cela a rendu encore plus attractif l’investissement dans des produits financiers complexes, d’autant plus que la complexité desdits produits n’était pas prise en compte car mal expliquée et / ou comprise.
En Europe, la monnaie unique a été mise en place sans véritable politique économique / budgétaire commune. Malgré leurs disparités nationales, les différents pays européens connaissent un taux d’intérêt unique et une seule politique de gestion des liquidités. Par conséquent, les pays connaissant une forte croissance économique font face à des taux d’intérêt trop faibles tandis qu’inversement, les taux d’intérêt sont trop élevés pour les pays ayant une faible croissance économique. Ainsi, des pays comme l’Espagne et l’Irlande présentaient une forte croissance avant la crise. Au sein de ces pays, les faibles taux d’intérêt européen ont contribué à la création de bulles spéculatives liées à certains actifs, notamment immobiliers, et donc à l’émergence de la crise financière…
Du côté de la Chine, le niveau artificiellement bas de la monnaie chinoise, le Yuan, a avantagé les exportations chinoises. Comme mentionné au sein d’un post précèdent, la Chine n’a pas la volonté de réévaluer de manière significative sa monnaie. Cette politique monétaire a favorisé les exportations chinoises et a ainsi accentué les déséquilibres commerciaux mondiaux. Le surplus de liquidité amassé par la Chine a été réinvesti dans des actifs libellés en dollars avec toutes les conséquences expliquées plus haut.
On peut observer aujourd’hui que les taux d’intérêt américain sont toujours au plus bas, que la politique monétaire européenne ne tient toujours pas compte des disparités nationales et que la Chine n’a toujours pas réévalué sa monnaie nationale. Les seuls changements ayant été apportés sont cosmétiques et ne traitent en rien les causes de la crise financière. On se redirigerait donc tout droit vers une nouvelle crise financière due aux graves déséquilibres continuant à exister au niveau mondial…On a coutume de dire que l’économie est cyclique, mais cette cyclicité semble ici uniquement due à un manque de volonté !

/image%2F0172627%2F201306%2Fob_d98772db12cc7bb2ff4eb3943a16506c_economics-lrg.jpg)
Commenter cet article