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Dilemme monétaire sur fond de politiques industrielles…

Publié le par DRosseels

Des pays comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie ou la France sont partisans d’une dévaluation de la monnaie européenne. Malgré leurs nombreux appels, une telle dévaluation n’a jamais été appliquée et n’est toujours pas d’actualité. Des pays tels que la Finlande, l’Autriche ou encore l’Allemagne ont en effet de bonnes raisons de s’y opposer fermement…

Ce statut quo sur la politique monétaire européenne est dû, en partie, à des choix différents de politiques industrielles au sein même de la zone Euro :

  • La Grèce, l’Espagne, l’Italie ou la France exportent généralement des biens industriels moyen de gamme se caractérisant par une forte élasticité aux prix. Les consommateurs s’en détournent assez facilement si le prix desdits produits augmente. Ceux-ci se tournent ainsi rapidement vers des biens moins chers, produits essentiellement en Asie ou aux Etats-Unis, quand la monnaie européenne s'apprécie.
  • Inversement, les biens exportés depuis la Finlande, l’Autriche ou encore l’Allemagne sont généralement plus haut de gamme. Les consommateurs continuent à en acheter même si leurs prix augmentent suite à une appréciation de la monnaie européenne.

La Finlande, l’Autriche ou encore l’Allemagne peuvent donc se permettre d’avoir une monnaie européenne forte, à l’inverse d’autres pays européens. Cette réalité est d’ailleurs confirmée par une étude récente de la banque d’investissement Morgan Stanley. Selon cette étude, les industries exportatrices françaises commencent à souffrir dès que la monnaie européenne s’apprécie au-delà de 1.23 dollar. La moyenne européenne est à 1.33 dollar et seuls l’Allemagne (1.53), l’Irlande (1.41) et l’Autriche (1.35) dépassent ce seuil. Les industries finlandaises auront, quant à elles, du mal à supporter un euro dépassant 1.28 dollar.

Il est également à noter qu’une dévaluation de la monnaie européenne ne constitue pas la panacée. Même si cela profiterait aux sociétés exportatrices, une telle dévaluation augmenterait également le prix des biens importés comme le pétrole ou certaines matières premières. Les conséquences seraient une baisse du pouvoir d’achat des consommateurs et une diminution du profit des entreprises tournées vers le marché domestique. Par conséquent, il n’est pas certain qu’une dévaluation de la monnaie européenne rende service à des pays comme la France, dont la croissance est essentiellement poussée par la consommation intérieure…

Dilemme monétaire sur fond de politiques industrielles…

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